Tuesday, 12 August 2014

L’attrait du site se développa lentement et il servit un temps de source de souvenirs et de revenus pour



Abandon[modifier | modifier le code]
Borobudur est resté caché des siècles par les cendres volcaniques et la jungle. Les raisons de l’abandon du site sont encore mystérieuses. On ne sait pas pourquoi le temple a cessé d’être un lieu de pèlerinage bouddhiste. Entre 928 et 1006, le centre du pouvoir local se déplaça vers le Java oriental et une série d’éruptions volcaniques eurent lieu, sans que l’on sache si ces événements étaient liés, même si plusieurs sources mentionnent cette période comme celle de l’abandon du temple8,20. Soekmono mentionne en 1976 que la croyance populaire suggère que le temple a été abandonné au xve siècle, lorsque la population s’est convertie à l’islam20.

Le monument ne fut pas pour autant totalement oublié même si les histoires populaires ne faisaient état de la gloire passée du lieu mais plutôt de légendes superstitieuses où la malchance et la souffrance avaient une place de choix. Deux anciennes chroniques javanaises (babad) du xviiie siècle parlent de cas de malchance directement associés au monument. D’après le Babad Tanah Jawi (littéralement « L’Histoire de Java »), le monument fut l’un des facteurs de l’échec de la rébellion contre le sultanat de Mataram20. La colline fut assiégée et les rebelles vaincus furent condamnés à mort. Dans le Babad Mataram (littéralement « L’Histoire de Mataram »), le monument est responsable de la déveine du prince du sultanat de Yogyakarta qui, malgré le tabou, visita le monument, tomba malade à son retour et décéda le jour suivant21.

Redécouverte[modifier | modifier le code]

La première photographie de Borobudur par Isidore van Kinsbergen en 1873, après que le monument fut dégagé
À la suite de la guerre anglo-néerlandaise de Java, l’île fut placée sous l’administration britannique entre 1811 et 1816. Le gouverneur général nommé fut Thomas Stamford Raffles, qui s’intéressa beaucoup à l’histoire de Java. Il collecta des antiquités javanaises et prit des notes de ses contacts avec les Javanais lors de ses pérégrinations à travers l’île. Lors d’une inspection à Semarang en 1814, il fut informé qu’un grand monument était caché au milieu de la jungle près du village de Bumisegoro21. Il envoya un ingénieur néerlandais, H.C. Cornelius pour enquêter.

En deux mois, Cornelius et ses 200 hommes abattirent, brûlèrent la végétation environnante et creusèrent pour révéler le monument. En raison du danger d’effondrement, toutes les galeries ne purent pas être excavées. Il rapporta ses découvertes à Raffles notamment grâce à de nombreux dessins

Hartmann, un administrateur néerlandais de la région de Kedu, poursuivit le travail de Cornelius en 1835 en finissant de révéler le monument entier. Son intérêt pour Borobudur était plus personnel qu’officiel. Hartmann n’écrivit pas de rapport sur ses activités. En 1842, Hartmann fouilla le stûpa principal et on ne sait pas ce qu’il y trouva même si l’on raconte qu’il y aurait eu une statue de Bouddha dedans22. Le mystère reste entier et le stûpa est aujourd’hui vide.

Le gouvernement des Indes orientales néerlandaises envoya par la suite un ingénieur néerlandais du nom de F.C. Wilsen, qui étudia le monument et fit des centaines de dessins des bas-reliefs du monument. J.F.G Brumund fut également envoyé pour étudier en détail le temple jusqu’en 1859. Le gouvernement voulut publier un article fondé sur les travaux de Brumund illustré par les dessins de Wilsen, mais Brumund refusa de coopérer. Le gouvernement mandata alors un autre spécialiste, C. Leemans, qui rédigea une monographie fondée sur les travaux de Brumund et Wilsen. En 1873, la première monographie de l’étude détaillée de Borobudur fut publiée, suivie par sa traduction en français, un an plus tard22. La première photographie du monument fut prise en 1873 par le graveur flamand Isidore van Kinsbergen23.

L’attrait du site se développa lentement et il servit un temps de source de souvenirs et de revenus pour les chasseurs de trésor et les voleurs. En 1882, l’inspecteur-chef des artefacts culturels recommanda que Borobudur soit totalement démantelé et que ses bas-reliefs soient répartis dans des musées, du fait de l’instabilité de la structure23. Le gouvernement mandata alors un archéologue, Groenveldt, pour entreprendre une enquête approfondie du site et de sa condition. Son rapport jugea les peurs du risque d’effondrement injustifiées et recommanda de laisser le monument intact.

Événements modernes[modifier | modifier le code]